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Convocation d'assemblée générale de copropriété : la checklist complète

Sauf urgence, la convocation est notifiée au moins vingt et un jours avant la date de la réunion, à moins que le règlement de copropriété n'ait prévu un délai plus long. Elle indique les lieu, date et heure de la séance, ainsi qu'un ordre du jour précisant chacune des questions soumises au vote. Les annexes varient selon les résolutions inscrites. Le délai court à compter de la première présentation de la lettre recommandée, pas de son envoi.

Par Équipe Mon Palier

Dossiers et documents de convocation sur un bureau
Illustration : checklist pour convoquer l’assemblée générale.

Qui peut convoquer une assemblée générale de copropriété ?

La convocation appartient au syndic. C'est lui qui réunit l'assemblée au moins une fois par an, et lui seul qui peut le faire dans le cours normal de la vie de la copropriété. Le décret du 17 mars 1967 prévoit toutefois des relais lorsque le syndic reste inactif, précisément pour éviter qu'une copropriété se retrouve paralysée par le silence de son mandataire.

Qui convoque, dans quelles conditions
Auteur de la convocationCondition préalable
Le syndicCas normal : au moins une assemblée par an, plus les assemblées nécessaires
Le président du conseil syndicalAprès mise en demeure adressée au syndic et restée infructueuse pendant plus de huit jours
Des copropriétaires représentant au moins un quart des voixAprès mise en demeure au syndic restée sans effet ; le règlement de copropriété peut prévoir une proportion moindre
Un mandataire désigné par le jugeSur requête, notamment en l'absence de syndic ou en cas de blocage caractérisé

Un point échappe souvent aux copropriétaires : ils n'ont pas besoin de convoquer une assemblée pour faire examiner une question. À tout moment, un ou plusieurs copropriétaires peuvent notifier au syndic la question dont ils demandent l'inscription à l'ordre du jour, accompagnée d'un projet de résolution. Le syndic l'inscrit à la prochaine assemblée. Une demande envoyée trois jours avant l'envoi de la convocation n'a en revanche aucune chance d'être traitée à temps.

Quel délai faut-il respecter pour convoquer une assemblée générale ?

Ce délai est le point de contrôle numéro un. Il ne s'agit pas d'une bonne pratique mais d'une règle dont le non-respect entraîne la nullité de l'assemblée, sans que le copropriétaire ait à démontrer un grief. Autrement dit, il n'est pas nécessaire de prouver que le délai raccourci a empêché de voter ou de se faire représenter : l'irrégularité suffit.

Comment se calcule concrètement le délai ?

Le point de départ est la première présentation de la lettre recommandée au domicile du destinataire, et non la date d'envoi ni celle du retrait au bureau de poste. Cette distinction change tout dans la pratique : entre le dépôt du courrier et sa première présentation, plusieurs jours peuvent s'écouler, surtout en période de vacances ou sur un envoi en nombre. Un syndic qui poste ses convocations vingt-deux jours avant la séance prend un risque réel.

  • Vérifiez d'abord le règlement de copropriété : il peut imposer un délai plus long que vingt et un jours, et ce délai-là s'applique.
  • Comptez à rebours depuis la date de la séance, en retenant la première présentation comme date de notification.
  • Prévoyez une marge de sécurité de plusieurs jours pour les envois postaux groupés.
  • Conservez les preuves de dépôt et les avis de première présentation : ce sont elles qui seront produites en cas de contestation.
  • Pour un copropriétaire ayant donné son accord exprès à la voie électronique, conservez la trace de cet accord et de l'envoi.

L'urgence permet d'écarter le délai, mais elle s'apprécie strictement. Elle suppose une situation qui ne peut attendre trois semaines sans risque pour l'immeuble ou pour le syndicat : effondrement partiel, rupture d'une canalisation collective, arrêt d'un équipement de sécurité. Invoquer l'urgence pour rattraper un oubli de calendrier expose l'assemblée à l'annulation.

Que doit contenir la convocation d'assemblée générale ?

La convocation indique les lieu, date et heure de la réunion, ainsi que l'ordre du jour qui précise chacune des questions soumises à la délibération de l'assemblée. Elle mentionne également les modalités de consultation des pièces justificatives des charges, arrêtées par l'assemblée générale. Ces mentions ne sont pas décoratives : c'est sur elles que se construit la régularité du vote.

L'ordre du jour, question par question

La règle est simple à formuler et exigeante à appliquer : l'assemblée ne peut délibérer valablement que sur les questions inscrites à l'ordre du jour. Une question rédigée de manière trop vague — « travaux divers », « questions diverses » — ne permet pas de voter une décision. Chaque question doit être suffisamment précise pour qu'un copropriétaire absent puisse décider de se faire représenter ou de voter par correspondance en connaissance de cause.

  1. Un intitulé qui décrit l'objet réel de la décision, pas une catégorie générale.
  2. Le projet de résolution soumis au vote, rédigé dans les termes qui seront votés.
  3. La majorité applicable à la question, indiquée pour chaque résolution.
  4. Les montants en jeu lorsqu'il s'agit d'une dépense, avec le devis correspondant en annexe.
  5. L'entreprise ou le prestataire pressenti lorsqu'un marché est soumis au vote.
Majorités et types de décisions
MajoritéBase de calculExemples de décisions
Article 24Majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondanceApprobation des comptes, budget prévisionnel, travaux d'entretien courant
Article 25Majorité des voix de tous les copropriétairesDésignation ou révocation du syndic, délégation de pouvoir, certains travaux d'amélioration
Article 25-1Second vote immédiat à la majorité de l'article 24 si le projet a recueilli au moins un tiers des voixPasserelle applicable à la plupart des questions relevant de l'article 25
Article 26Majorité des membres du syndicat représentant au moins les deux tiers des voixModification du règlement de copropriété quant à la jouissance des parties communes

Quelles annexes joindre selon les résolutions inscrites ?

Le décret du 17 mars 1967 impose de notifier certaines pièces au plus tard en même temps que l'ordre du jour, en fonction des questions inscrites. Une annexe manquante fragilise la seule résolution concernée, pas nécessairement l'assemblée entière — mais c'est souvent la résolution la plus importante de la séance.

Résolution inscrite et pièce à notifier avec la convocation
Question à l'ordre du jourPièce jointe attendue
Approbation des comptes de l'exerciceÉtat financier du syndicat et compte de gestion générale, avec les annexes comptables
Vote du budget prévisionnelBudget prévisionnel, comparé au dernier budget réalisé
Travaux ou marché soumis au voteConditions essentielles du contrat ou du marché proposé, devis correspondants
Désignation du syndicProjet de contrat de syndic soumis à l'assemblée
Question dont la consultation du conseil syndical est obligatoireAvis rendu par le conseil syndical
Adoption ou modification du règlement intérieurProjet de règlement intérieur soumis au vote

S'ajoute une pièce qui n'est pas une annexe technique mais un droit : le formulaire de vote par correspondance, dont le modèle est fixé par arrêté, est joint à la convocation. Il permet au copropriétaire qui ne peut ni venir ni donner pouvoir de se prononcer sur chaque résolution. Son absence prive une partie des copropriétaires d'un mode de participation prévu par la loi.

Comment notifier valablement la convocation ?

Le mode de notification n'est pas laissé au choix du syndic. Le décret du 17 mars 1967 encadre les formes admises, parce que la convocation doit pouvoir être prouvée. Un courriel simple, une remise dans la boîte aux lettres ou un dépôt sur l'extranet ne valent pas notification.

Mode de notificationCe qu'il faut vérifier
Lettre recommandée avec demande d'avis de réceptionAdresse du copropriétaire à jour, conservation de l'avis de première présentation
Remise contre émargement ou récépisséSignature datée du destinataire, conservée avec le dossier de l'assemblée
Lettre recommandée électroniqueAccord exprès et préalable du copropriétaire, conservé et révocable

La voie électronique suppose l'accord exprès du copropriétaire. Cet accord se recueille, se conserve et peut être retiré. En pratique, une copropriété qui bascule progressivement vers l'électronique gère longtemps deux circuits en parallèle : un fichier à jour des accords et des adresses devient alors la pièce maîtresse du dossier. C'est aussi la première chose qu'on regarde lorsqu'une assemblée est contestée.

  • Liste des copropriétaires à jour, avec les mutations récentes intégrées.
  • Adresses postales et électroniques vérifiées, y compris pour les copropriétaires non-résidents.
  • Accords exprès à la notification électronique recensés et datés.
  • Mandats de gestion et indivisions identifiés, avec le destinataire unique désigné.
  • Preuves d'envoi archivées avec le dossier de l'assemblée.
  • Copie du dossier complet déposée sur l'espace en ligne, en complément de la notification.

Comment construire le rétroplanning de la convocation ?

Une convocation régulière est le résultat d'un calendrier, pas d'une course de dernière minute. Le rétroplanning ci-dessous part de la date de la séance et remonte le temps. Il convient à une assemblée annuelle ordinaire ; une assemblée portant sur un programme de travaux important demande davantage d'avance pour la consultation des entreprises.

Rétroplanning d'une convocation d'assemblée générale

  1. J-90 : fixer la date et le périmètre avec le conseil syndical

    Réservez la salle, arrêtez la date et listez les sujets attendus : comptes, budget, travaux, contrats à renouveler, questions posées par les copropriétaires.

  2. J-60 : réunir les pièces et les devis

    Relancez les entreprises pour obtenir des devis comparables, préparez l'état financier et le budget prévisionnel, recensez les avis du conseil syndical à joindre.

  3. J-45 : rédiger les projets de résolution

    Chaque question devient une résolution rédigée, avec sa majorité identifiée. C'est l'étape où l'on élimine les intitulés vagues et les votes impossibles à formuler.

  4. J-35 : valider l'ordre du jour avec le conseil syndical

    Faites relire l'ordre du jour et les annexes. Un aller-retour à ce stade évite une résolution mal calibrée qui devra être reportée d'un an.

  5. J-28 : assembler et contrôler le dossier de convocation

    Vérifiez la présence de chaque annexe, du formulaire de vote par correspondance et des modalités de consultation des pièces justificatives.

  6. J-25 : notifier la convocation

    Envoyez en tenant compte des délais d'acheminement, afin que la première présentation intervienne au moins vingt et un jours avant la séance.

  7. J-10 : organiser la consultation des pièces et recueillir les pouvoirs

    Tenez la permanence de consultation votée par l'assemblée, réceptionnez les pouvoirs et les votes par correspondance, préparez la feuille de présence.

Comment Mon Palier aide-t-il à préparer la convocation ?

Mon Palier n'envoie pas la convocation et ne remplace pas la notification légale : celle-ci reste effectuée par les canaux prévus par le décret du 17 mars 1967. L'outil intervient en amont, sur la partie qui consomme réellement du temps — rassembler la matière et coordonner le conseil syndical.

  • Les signalements de l'année remontent classés par immeuble : ils alimentent directement les sujets à inscrire.
  • Les devis rattachés aux dossiers de travaux sont retrouvés sans fouiller les messageries.
  • Les documents utiles à la préparation sont partagés au conseil syndical au même endroit.
  • Le fil d'actualités permet d'annoncer la date de l'assemblée aux résidents avant l'envoi officiel.
  • L'annuaire des membres aide à vérifier qui est destinataire de quoi.

Quelles erreurs font annuler une assemblée générale ?

La plupart des annulations ne tiennent pas au fond des décisions mais à la mécanique de la convocation. Les motifs reviennent avec une régularité frappante, et ils sont tous évitables par une relecture de trente minutes avant l'envoi.

  • Notifier moins de vingt et un jours avant la séance, ou ignorer un délai plus long fixé par le règlement de copropriété.
  • Confondre date d'envoi et date de première présentation dans le calcul du délai.
  • Inscrire une question sous un intitulé vague qui ne permet pas de voter une décision précise.
  • Faire voter une question qui ne figurait pas à l'ordre du jour, en séance, sous couvert de « questions diverses ».
  • Oublier une annexe obligatoire : projet de contrat de syndic, devis, budget comparé, avis du conseil syndical.
  • Ne pas joindre le formulaire de vote par correspondance.
  • Notifier par courriel simple un copropriétaire qui n'a pas donné son accord exprès à la voie électronique.
  • Convoquer à une adresse ancienne alors qu'une mutation a été notifiée au syndic.
  • Invoquer l'urgence pour raccourcir le délai sans situation réellement urgente.

Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Le délai applicable, les majorités et les pièces à joindre dépendent de votre règlement de copropriété et des questions réellement inscrites : faites valider votre dossier de convocation par votre syndic, votre conseil syndical ou un professionnel qualifié.

Questions fréquentes

Quel est le délai de convocation d'une assemblée générale de copropriété ?

Sauf urgence, la convocation est notifiée au moins vingt et un jours avant la date de la réunion, à moins que le règlement de copropriété n'ait prévu un délai plus long. Ce délai est prévu par l'article 9 du décret du 17 mars 1967.

À partir de quand court le délai de vingt et un jours ?

Le point de départ est la première présentation de la lettre recommandée au domicile du destinataire. Ni la date d'envoi ni la date de retrait au bureau de poste ne sont retenues.

Que se passe-t-il si le délai de convocation n'est pas respecté ?

L'assemblée encourt la nullité, sans que le copropriétaire ait à démontrer un grief. L'irrégularité du délai suffit à fonder la contestation, dans les conditions et délais prévus par l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965.

Qui peut convoquer l'assemblée générale si le syndic ne le fait pas ?

Le président du conseil syndical peut convoquer après une mise en demeure au syndic restée infructueuse pendant plus de huit jours. Des copropriétaires représentant au moins un quart des voix peuvent également le faire dans des conditions comparables.

Que doit obligatoirement contenir la convocation ?

Les lieu, date et heure de la réunion, l'ordre du jour précisant chacune des questions soumises au vote, et les modalités de consultation des pièces justificatives des charges arrêtées par l'assemblée générale.

Peut-on voter une question qui n'est pas à l'ordre du jour ?

Non. L'assemblée ne délibère valablement que sur les questions inscrites à l'ordre du jour. Une décision prise sur un point ajouté en séance est contestable par un copropriétaire opposant ou défaillant.

Comment faire inscrire une question à l'ordre du jour ?

Notifiez au syndic, à tout moment, la question dont vous demandez l'inscription, accompagnée d'un projet de résolution. Adressez-la deux à trois mois avant l'assemblée annuelle pour qu'elle soit traitée à temps.

Quelles pièces doivent être jointes à la convocation ?

Cela dépend des résolutions inscrites : état financier et compte de gestion pour l'approbation des comptes, budget prévisionnel comparé, devis et conditions essentielles des marchés pour les travaux, projet de contrat pour la désignation du syndic.

Le formulaire de vote par correspondance doit-il être joint ?

Oui. Le formulaire, dont le modèle est fixé par arrêté, accompagne la convocation. Il permet à un copropriétaire absent de se prononcer résolution par résolution sans donner de pouvoir.

Peut-on convoquer une assemblée générale par courriel ?

La notification par voie électronique est possible sous forme de lettre recommandée électronique, à condition que le copropriétaire ait donné son accord exprès. Un simple courriel ne vaut pas notification.

Un dépôt de la convocation sur l'extranet suffit-il ?

Non. L'espace en ligne sécurisé est un outil de mise à disposition. La convocation doit être notifiée dans l'une des formes prévues par le décret du 17 mars 1967 pour faire courir le délai.

Combien de pouvoirs un copropriétaire peut-il détenir ?

Un mandataire ne peut recevoir plus de trois délégations de vote. Il peut en recevoir davantage si le total des voix dont il dispose, les siennes incluses, n'excède pas 10 % des voix du syndicat.

Qu'est-ce que la passerelle de l'article 25-1 ?

Lorsqu'une résolution relevant de l'article 25 recueille au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires, l'assemblée peut procéder immédiatement à un second vote à la majorité de l'article 24.

L'urgence permet-elle de raccourcir le délai de convocation ?

Oui, mais l'urgence s'apprécie strictement : elle suppose une situation qui ne peut attendre trois semaines sans risque pour l'immeuble ou le syndicat. Un retard d'organisation ne constitue pas une urgence.

Faut-il convoquer un copropriétaire qui vient d'acheter son lot ?

Oui, dès lors que la mutation a été notifiée au syndic. Convoquer l'ancien propriétaire après une mutation régulièrement notifiée fragilise l'assemblée : la liste des copropriétaires doit être tenue à jour.

Combien de temps conserver le dossier de convocation ?

Conservez-le au moins jusqu'à l'expiration du délai de contestation des décisions, et en pratique avec les archives du syndicat. Les preuves de notification sont les pièces les plus utiles en cas de litige.